Appel à contribution 

Les émotions chez Platon – Joint Workshops in Ancient Theories of Soul and Knowledge at the University of Edinburgh and Université Paris-Nanterre

Date: 17 Mars 2017 (Paris) –  7 Avril 2017 (Edinburgh)

Date limite de proposition :  15 décembre 2016

Les émotions sont devenues un champ d’exploration important dans les études anciennes, croisant des approches historiques, anthropologiques, littéraires et philosophiques. L’intérêt porté aux émotions dans le corpus philosophique antique est pourtant inégalement réparti, et les études sur la nature, le nombre et les fonctions des émotions chez Platon demeurent encore peu nombreuses, probablement du fait que le modèle platonicien des affections nous est plus difficile à comprendre avec nos catégories contemporaines. Un atelier conjoint organisé par Laura Candiotto (Universtiy Of Edinburgh, Eidyn Center) – et Olivier Renaut (Université Paris-Nanterre, IREPH) est organisé afin d’explorer les approches disponibles sur les émotions dans le corpus platonicien.

Trois axes sont retenus spécifiquement pour cet atelier :

  1. Dans le corpus platonicien, les pathè comme la colère, la peur, l’espoir, l’envie jalouse, etc. apparaissent comme des états psycho-physiologiques complexes, qui font intervenir plaisir et douleur, des représentations ou peut-être même des jugements. Liées au corps, mais également états ou mouvements de l’âme, ces pathè ont un statut dans la psycho-physiologie platonicienne qui reste à éclaircir. Notre concept d’émotion, que nous employons commodément pour désigner certaines pathè, constitue-t-il un bon modèle pour les comprendre?Un premier enjeu de cet atelier est d’explorer la pertinence du concept d’émotion appliqué à Platon. Quel est leur leur lien exact avec le corps et l’âme? Les émotions sont-elles des survenances d’états mentaux individuels? Sont-elles des composés de plaisir et de douleur? Quelle phénoménologie employer pour les décrire, et dans quel contexte – public ou privé – sont-elles décelables? Constituent-elles même une unité conceptuelle ou réelle pour Platon et selon quel critère? Quel statut ontologique leur est-il réservé?
  2. La tradition philosophique a longtemps défini les émotions à travers son opposition à la raison. Cette opposition pourrait avoir ses racines chez Platon, dans la mesure où certaines pathè sont appelées «irrationnelles» puisqu’elles semblent occulter le fonctionnement de la raison et perturber l’âme. Néanmoins, il n’est pas évident que les émotions chez Platon soient tout à fait dépourvues de faculté de représentation, voire même de compréhension ou de calcul. Plus encore, certaines pathè pourraient bien être associées à ce qu’on a appelé un «désir rationnel», dont la finalité est la poursuite du bien. Enfin, le rôle épistémologique des émotions comme voie d’accès vers la connaissance, ou du moins comme adjuvant, demeure une question ouverte. Un second enjeu de cet atelier est d’explorer la nature des pathè platonicienne par rapport à la raison et à la philosophie: quelle est – s’il en est – leur capacité cognitive? Comment les émotions promeuvent ou empêchent les processus cognitifs de connaissance? Et, plus généralement, quelle est leur place et leur pouvoir dans la psychologie et leur rôle dans l’anthropologie platonicienne?
  3. Un dernier enjeu de cet atelier consiste à articuler la définition des pathè chez Platon à leur «usage» en éthique et en politique, du fait de leur puissance ou impuissance à juger, à évaluer, à comprendre. Comment définir le rôle des émotions dans l’acquisition et l’exercice de la vertu? Ont-elles une fonction exclusivement négative ou au contraire sont-elles nécessaires à son exercice? Quelles sont – s’il y en a – les émotions spécifiquement morales et politiques chez Platon, et quelle est leur fonction?

Chaque atelier, l’un à Nanterre (17 Mars 2017) et l’autre à Edinburgh (7 avril 2017) consisteront en 6 interventions, avec deux invités, et quatre interventions issues de l’appel à contribution. Envoyez votre proposition (500 mots max) à Laura Candiotto (Laura.Candiotto@ed.ac.uk) et Olivier Renaut  (olivier.renaut@u-paris10.fr) en précisant si vous souhaitez intervenir à Edinburgh ou à Nanterre.

Date limite: 15 décembre 2016. Une publication des contributions est envisageable sous la forme d’un volume ou d’un numéro de revue.

Les propositions peuvent porter par exemple sur les thèmes suivants:

  • valeur et pertinence du concept d’émotion dans la théorie platonicienne de la connaissance et de l’âme.
  • analyse d’une émotion en particulier, en rapport avec l’un des axes de l’atelier.
  • classifications des types et des fonctions des émotions chez Platon
  • rôle des émotions dans la connaissance
  • émotions et intellectualisme
  • émotion et désir
  • émotions, corps et expérience.

Langue des interventions: les contributions peuvent être données en anglais et en français. Il est néanmoins possible de produire une contribution dans l’une des 5 langues officielles de l’International Plato Society (Anglais, Allemand, Espagnol, Italien, Français), à condition de mettre à disposition du public une traduction anglaise ou française au public.

Cet atelier est rendu possible grâce au financement de Eidyn Research Centre (University of Edinburgh), de l’Ecole doctorale ED139 et de l’Institut de Recherches Philosophiques (Université Paris-Nanterre).